Etienne Barilier

Étienne Barilier, romancier, essayiste, traducteur et chroniqueur, est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages. Parmi ses romans, où la musique et les arts jouent souvent un rôle essentiel, citons Le Chien Tristan, Musique, Le Dixième ciel, L’Énigme, Ma seule étoile est morte, Un Véronèse, Piano chinois, et Ruiz doit mourir.
Étienne Barilier a écrit divers essais consacrés à des thèmes philosophiques ou politiques  (Contre le nouvel obscurantisme, La Chute dans le Bien, Que savons-nous du monde ?), et d’autres ouvrages consacrés à la musique ainsi qu’aux arts plastiques (Alban Berg, essai d’interprétation; B-A-C-H, histoire d’un nom dans la musique; Francesco Borromini, le mystère et l’éclat). Son dernier essai Vertige de la force est paru en janvier 2016.

 

Vertige de la force
Les attentats de Paris de janvier 2015 se réclamaient d’un devoir religieux: venger "l’honneur de Dieu". Il s’agissait donc de meurtres au nom du sacré. C’est que le sacré est plus ancien que la religion, plus ancien que tous les dieux. Le sacré, d’abord, est pure fascination devant une force qui n’entend ni raison ni humanité. Cette force où Simone Weil voyait, en chaque homme, la part d’inhumain. Cette force qui met à genoux, devant un Dieu dont on se fait l’esclave, et pour l’honneur duquel on réduit ses frères en esclavage.
Si toutes les religions, y compris la chrétienne, ont pu adorer ce Dieu de la force, fût-ce au prix des pires distorsions de leur message originel, il reste que l’islam donne à la force et au triomphe de la religion par la force, de l’aveu même de ses docteurs les plus vénérables, une place éminente.
 Les civilisations, et singulièrement celle de l’Europe, surent opposer à la force ce qu’Étienne Barilier appelle ici la forme. Aussi bien celle d’une pensée humaniste, universaliste, que celle de la création artistique ou intellectuelle. Certains commentateurs, après les attentats de Paris, ont osé dire que si les tueurs adhéraient à un idéal meurtrier, cela pouvait se comprendre, puisque notre société consumériste, matérialiste et vide de toute conviction, n’avait rien de mieux à leur offrir. Cet essai nous démontre que notre société, ou pour mieux dire notre culture, notre pensée, nos œuvres, a quelque chose à offrir: une idée de l’humanité qui prend forme dans toutes les créations de notre esprit comme dans toutes nos œuvres d’art et qui a coûté des trésors de courage intellectuel et de courage tout court.

(photo © Yvonne Boehler)

Programme de l'auteur

Samedi

14h30-16h00 Dédicaces 
17h00-19h00 Dédicaces 

Dimanche

10h00-12h00 Dédicaces 
13h30-14h45  Aux sources du djihadisme
15h00-16h30 Dédicaces 
17h30-19h00 Dédicaces