Marie Maurisse

Marie Maurisse est Toulousaine. Elle a fait ses études à Sciences-po Bordeaux et à l’École supérieure de journalisme de Lille. Elle est aujourd’hui correspondante du journal Le Monde en Suisse où elle vit depuis sept ans.

 

Bienvenue au Paradis!
Ah la Suisse! Ses montagnes, son air pur, son chocolat et ses banques. C’est vrai qu’en Suisse le salaire moyen le plus bas est à 3 000 euros, qu’il n’y a quasiment pas de chômage, enfin juste ce qu’il faut pour un turn-over efficace, et puis c’est propre et l’on s’y sent en sécurité. Les hommes politiques ont l’air moins corrompus qu’ailleurs et la population bénéficie d’une démocratie directe grâce aux votations. Serait-ce le paradis? Presque…
Parce que si on y regarde de plus près, on constate que les Français sont à la Suisse ce que les Roms sont à l’Italie ou les Maghrébins à la France: des boucs émissaires.
Lentement, subrepticement, les Suisses se sont mis à penser que leurs cousins de l’Hexagone étaient gentils, mais un peu trop bruyants, un peu trop nombreux. Propulsée par les partis nationalistes, la thèse s’est maintenant banalisée à toutes les franges de la population. Se moquer des "frouzes", comme les Suisses les nomment, n’est plus un tabou, c’est même devenu tendance. Quant aux frontaliers, ils sont carrément détestés.
Marie Maurisse vit en Suisse depuis sept ans et a senti ce changement, ce racisme latent monter en puissance et nous livre avec cette enquête un visage de la Suisse à contre-courant de nos idées reçues.

(photo ©  D.R.)