Matthieu Mégevand

Matthieu Mégevand est éditeur et écrivain. Né à Genève en 1983, diplômé en philosophie et en Histoire des religions, il a travaillé comme journaliste pour le bimestriel Le Monde des Religions. Il a publié un premier recueil de nouvelles en 2007 (Jardin secret, l’Âge d’Homme), puis un roman (Les deux aveugles de Jéricho, l’Âge d’Homme) en 2011. En septembre 2013 paraît Ce qu’il reste des mots aux éditions Fayard, une réflexion littéraire et philosophique sur le drame de Sierre. En 2016 il publie Les lueurs (l’Âge d’Homme).

 

Les lueurs
Comment revenir sur ce qui, dix ans plus tôt, aurait pu vous tuer? Les mots peuvent-ils capturer le souvenir, recomposer ce qui, dans la mémoire, s’est éparpillé, désagrégé, fixé ou perdu au fil du temps? Dans ce récit, Matthieu Mégevand revient sur la maladie qui l’a atteint en 2004 et retrace, selon les caprices de la mémoire, la succession des événements: des prémisses de l’affection aux traitements et jusqu’à la guérison, une agrégation de souvenirs tragiques, émouvants, anodins ou burlesques couchés sur le papier. Par le mélange de précision technique parfois insoutenable et l’évanescence de certains souvenirs, l’écriture entraîne un rapport au réel modifié, avec un effet de loupe sur certains aspects, et une occultation pour d’autres. La maladie est presque ici un prétexte: ce dont il s’agit d’abord c’est une réflexion entre langue et réminiscence, une mise en mots du souvenir.
Matthieu Mégevand questionne par la voie romanesque le sens du hasard et du destin. La vie que nous menons n’est-elle que la succession de croisements que nous avons pris mais que nous aurions tout aussi bien pu ne pas prendre? Sommes-nous ballotés par les vents d’un monde chaotique, ou au contraire liés à une destinée préétablie? A plusieurs moments important du récit, Matthieu Mégevand emprunte d’autres routes et invente les existences qu’il aurait pu mener si la vie, le hasard ou les dieux en avaient décidé autrement.

(photo © Patrick Gilliéron Lopreno)