Matthieu Ruf

Sélection Prix des libraires
Matthieu Ruf est né à Lausanne en 1984. Après un séjour en Irlande et des études de Lettres à l’Université de Lausanne, qui l’amènent à vivre à Salamanque et à Berlin, il devient "Blogtrotter" pour L’Hebdo, dont il intègre ensuite la rédaction. Il y restera trois ans, avant de partir pour sept mois de voyage en Amérique du Sud, pendant lesquels il écrit sur son site personnel, L’encre de Patagonie, mais reprend aussi un manuscrit commencé quelques années plus tôt. C’est au terme d’un Master en pratiques artistiques contemporaines, orientation Ecriture littéraire, à la Haute Ecole des arts de Berne, que ce texte deviendra Percussions, en 2015.

 

Percussions
En équilibre délicat, à la façon d’un mobile, ce texte retrace la vie d’un homme au moment où celui-ci se retrouve au chevet de sa soeur, plongée dans le coma. Autoportrait en mouvement, réponse impossible à une question posée à son grand frère par Emilie quelques mois avant son accident, Percussions cherche à donner forme à ces instants où rien ne compte hors la vie, ces instants qui nous changent, s’impriment dans notre corps et façonnent notre vision du monde.

 

Vivre près des tilleuls
Vincent König est le dépositaire des archives de l’écrivaine suisse Esther Montandon. En ouvrant par hasard une chemise classée "factures", il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un "journal de deuil", dans lequel elle a pour la première fois évoqué la mort de sa fille Louise et l’aberrante "vie d’après". Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s’y trouvent déclinés avec une incroyable justesse. Ces carnets seront publiés sous le titre Vivre près des tilleuls.
Roman sur l’impossible deuil d’une mère, porté par une écriture d’une rare sensibilité, Vivre près des tilleuls est aussi une déclaration d’amour à la littérature: ce récit d’Esther Montandon est en réalité l’œuvre d’un collectif littéraire suisse, l’AJAR. Ces dix-huit jeunes auteur-e-s savent que la fiction n’est pas le contraire du réel et que si  "je est un autre", "je" peux aussi bien être quinze, seize, dix-huit personnes.

(photo © Rachel Gotheil)