Nétonon Noël Ndjékéry

Né au Tchad, Nétonon Noël Ndjékéry a fait des études supérieures de mathématiques. Il vit et travaille en Suisse comme informaticien. Parce que son père était un soldat de carrière, il grandit dans un camp militaire et est très tôt mis au contact de la langue française. Cependant, ses racines se sont d’abord nourries de la puissante sève de l’oralité subsaharienne. Sa mère a juste le temps de lui insuffler le goût de conter avant que le divorce de ses parents ne le sèvre à jamais des berceuses. Mais il a déjà contracté le virus de la parole partagée et en devient une des plus fidèles victimes consentantes. Dès lors, il ne cessera plus de prêter l’oreille à tout griot de passage.

L’école lui ouvre ensuite l’univers fabuleux des livres. Il s’y enfonce, papillonne, butine au gré des bibliothèques et découvre fasciné que la parole volante et la parole écrite sont les deux rouages d’une seule et même machine à revisiter rêves et réalités. Il embrasse alors l’écriture avec passion et s’y adonne avec gourmandise. Depuis, il propose aux lecteurs des textes ancrés dans le quotidien et teintés de poésie, des textes où l’humour toujours sert de digue aux débordements du destin des hommes.  La minute mongole est paru chez La Cheminante en 2014.

Qu’y a-t-il de commun entre Bemba (un paysan illettré de la brousse), Absakine (un brave épicier de Ndjamena), Lagon (un agronome retenu dans la capitale contre son gré), Néon (une journaliste genevoise en reportage) et une jeune maman sans nom ? Ils ont tous en partage d’être natifs d’Afrique et d’être tous, chacun à sa manière, confrontés à l’un ou l’autre des nombreux défis que le continent noir lance à ses propres habitants et au monde entier. A l’arbitraire institutionnalisé, à l’absolutisme endémique, à l’irrationnel généralisé et à la guerre en porte-étendard de tout ce cortège de malheurs, ces personnages opposent la débrouillardise et la dérision comme armes de résistance massive. Si certains de ces héros ou antihéros vont jusqu’à perdre leur vie, c’est toujours pour mieux édifier les vivants de la même manière que la graine doit mourir pour que naisse la plante nouvelle.

(Photo © Carlos Gonzalez)

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