Jakuta Alikavazovic

Jakuta Alikavazovic est née en 1979 à Paris. Normalienne, elle enseigne la littérature et l’art américains à la Sorbonne-Nouvelle. Elle a grandi entre plusieurs langues, dont le bosnien et l’anglais, mais le français est « sa » langue, celle de son écriture si singulière. En marge de son œuvre elle traduit de l’anglais des romans (Ben Lerner) ou des essais (David Foster Wallace). Son premier recueil de nouvelles, Histoires contre nature, paru en 2006, l’impose d’emblée comme un écrivain incontournable. En 2007, elle obtient la Bourse écrivain de la Fondation Lagardère et publie Corps volatils, couronné par le prix Goncourt du Premier Roman en 2008. En 2010, Le Londres-Louxor, un roman hanté – déjà – par le spectre de la guerre, rencontre un accueil enthousiaste auprès de la critique. Elle reçoit en 2012 la mention spéciale du prix Wepler pour La Blonde et le Bunker. En 2013-2014, elle a été pensionnaire de la villa Médicis.

 

L'avancée de la nuit

« Mais à l’hôtel il en va autrement, l’hôtel est le lieu de leur intimité, celui où ils se regardent, où ils s’approchent, farouches et fiers, jusqu’à sentir rayonner la chaleur de l’autre, de sa peau, avant même de l’avoir touchée. Avant même de l’avoir vue, cette peau qui n’attend que la caresse. »

Paul, étudiant et gardien d’hôtel, est fasciné par Amélia, l’occupante de la chambre 313. Tout chez elle est un mystère, ses allées et venues comme les rumeurs qui l’entourent. Lorsque Amélia disparaît, Paul ignore qu’elle s’est rendue à Sarajevo, à la recherche de sa mère, d’un pan inconnu de son histoire – et de la nôtre : celle de la dernière guerre civile qui a déchiré l’Europe.

Dans ce roman incandescent, Jakuta Alikavazovic évoque ce qui est perdu et ce qui peut encore être sauvé.

 

(Photo © Maia Flore)