Joseph Incardona

Joseph Incardona a 50 ans, il est Suisse d’origine italienne, auteur d'une douzaine de romans, scénariste de BD et de films, dramaturge et réalisateur (un long métrage en 2013 et plusieurs courts métrages). Ses derniers livres, Derrière les panneaux, il y a des hommes (Finitude 2015), Grand Prix de littérature policière, et Chaleur (Finitude 2017), Prix du polar romand, ont connu un beau succès, tant critique que public.

 

La soustraction des possibles (Éditions Finitude)

La fin des années 80, période bénie des winners. Le capitalisme et ses champions, les Golden Boys de la finance internationale, ont gagné : le bloc de l’Est explose, les flux d’argent sont mondialisés. Tout devient marchandise, les corps, les femmes, le pouvoir, le bonheur même. On invente un monde nouveau, à base d’algorithmes et d’OGM. Mais quand on fait miroiter aux petits l’accès à la cour des grands, ça reste un leurre. À Genève, en 1989, Svetlana, une ambitieuse cadre bancaire, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment et ils veulent plus. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Alors qu’ils préparent minutieusement le coup qui devrait changer leur vie, ils n’imaginent pas être les marionnettes de plus gros, plus malins, plus féroces qu’eux. On ne joue pas impunément avec l’argent des puissants. Et pour les requins de la finance, l’amour n’est pas une valeur refuge. Aldo et Svetlana n’ont aucune chance. Avec un suspens parfaitement contrôlé, une construction ambitieuse et une écriture efficace, Joseph Incardona analyse causes et conséquences de la recherche du pouvoir par l’argent. De la Suisse au Mexique, en passant par la Corse, il brosse une fresque ambitieuse, une véritable comédie humaine aux personnages marqués par l’espoir, l’avidité et l’insatisfaction. Un grand livre.

 

(Photo © Sandrine Cellard)