Bernard Minier

Des Pyrénées à une île boisée au large de Seattle
Bernard Minier est né à Béziers et a grandi dans le Sud-Ouest. Il vit aujourd’hui en région parisienne où il se consacre à l’écriture. Glacé (Prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac, Prix de l’Embouchure), Cercle (Prix des Bibliothèques et des Médiathèques de Grand Cognac) et N’éteins pas la lumière, ses trois précédents romans, ont fait de lui un auteur incontournable du polar français. Ses romans sont traduits dans quatorze langues et Glacé fait l’objet d’une adaptation cinématographique avec Charles Berling dans le rôle du Capitaine Servaz. Une putain d’histoire (Prix du meilleur roman francophone du festival de Cognac) est son quatrième roman. Il met en scène un adolescent de 16 ans qui vit avec deux mamans sur une île boisée au large de Seattle. Un jour, sa petite amie est retrouvée morte. Henry se retrouve dans la peau d’un suspect...

 

Une putain d’histoire

"Au commencement est la peur.
La peur de se noyer.
La peur des autres,
ceux qui me détestent,
ceux qui veulent ma peau.
Autant vous le dire tout de suite:
ce n’est pas une histoire banale. Ça non.
C’est une putain d’histoire.
Ouais, une putain d’histoire… "

 

XO Editions -  Pour ce quatrième roman, vous abandonnez donc le commandant Servaz. Pourquoi ? Pourquoi ce roman aux USA ?
Bernard Minier - "Après trois romans avec des personnages récurrents, j’avais envie de m’essayer à autre chose. Et depuis longtemps brûlait aussi en moi le désir d’écrire un polar dont le personnage principal serait un adolescent. De parler de cette période cruciale avant le passage à l’âge adulte où tout est encore possible, où la personnalité émerge de la gangue de l’enfance et se précise, se solidifie… Non pas indirectement, comme je l’ai fait dans Glacé et dans Le Cercle, où il y avait déjà des personnages d’adolescents, mais directement cette fois: à travers la voix d’un narrateur. C’était aussi une façon de rendre un très modeste hommage à mes lectures de jeunesse: du Grand Meaulnes à ces écrivains d’Amérique du Nord qui ont fait de l’adolescence un de leurs mythes favoris: Salinger bien sûr (ce n’est pas pour rien si mon île s’appelle Glass Island), Mark Twain, Stephen King… Il s’agit, évidemment, d’un thriller: il y a de la noirceur, du danger, de la peur… mais, en écrivant ce roman, autre chose était également en jeu: toutes les émotions de cette période, refoulées depuis quarante ans, sont remontées à la surface. C’est pourquoi j’ai fait le choix de la première personne. En vérité, je n’ai pas eu le choix : dès que le personnage d’Henry est né, l’adolescent que j’ai été s’est réveillé et s’est glissé dans sa peau…"
Extrait de l’interview de Bernard Minier sur le site de son éditeur XO

 

Un roman pour découvrir l’oeuvre de Bernard Minier
Glacé

(photo © Bruno Levy)