Guy Chevalley

Guy Chevalley est né en 1985 et habite à Plan-les-Ouates (GE). Il grandit à Vernier, près de Genève, ville où il fait ses études. Il est diplômé en littérature française, histoire de l’art et socioéconomie.
Il a été sous-titreur pour la télévision, chroniqueur théâtre, procès-verbaliste, correcteur, puis assistant éditorial pour les éditions La Joie de lire. Tout a toujours tourné autour du texte. Il travaille actuellement comme rédacteur-mémorialiste pour la Ville de Genève, tout en développant une activité indépendante dans le domaine de la rédaction et de l’édition.
Après avoir gagné plusieurs concours d’écriture locaux, il remporte le Prix du Jeune Écrivain de langue française en 2010 pour sa nouvelle L’enfant sur la falaise. En 2012, il cofonde le collectif AJAR, qui réunit des jeunes auteur-e-s de Suisse romande adeptes de performance littéraire et d’écriture à plusieurs mains. Il collabore également avec la Compagnie Arquidam sur différents projets de mise en scène.
Guy Chevalley a publié une vingtaine de textes dans divers revues et recueils. Cellulose est son premier roman.

 

Cellulose
C’est l’histoire d’un homme qui commet l’irréparable à travers un geste anodin, une erreur qu’il aurait tout aussi bien pu reconnaître – mais non. Ce simple commis de bureau a perdu un dossier que son chef réclame. Lorsqu’il le retrouve, penaud, il préfère l’ingérer que révéler sa méprise. Le voilà pris dans un engrenage de mensonges et d’actes de plus en plus inavouables, alors qu’il ne veut rien d’autre que poursuivre son train-train de commis de bureau dont il se délecte.
À cette obstination, cette revendication farouche de manquer d’ambition, s’oppose la conviction d’autres figures d’occuper de bon droit une place dominante dans le monde. Un professeur de médecine, spécialisé dans les troubles alimentaires, se trouve ainsi confronté à une patiente ayant elle aussi ingéré du papier. Mais le récit s’attache plutôt à décrire son mode de vie aveuglément conservateur, où l’aviculture le dispute à une gloutonnerie pétrie d’écœurantes bonnes manières, alors qu’il tente de renouer avec une ancienne étudiante devenue une psychologue de seconde zone.
L’intrigue puise ses origines dans l’absurde et trouve sa voix dans une écriture fine et volontiers cynique. Son nœud tient aux rapports qu’entretiennent les différents personnages-monstres de ce roman choral, qui donne à voir, sans la nommer, la violence d’une société administrative où la place de chacun, dominants comme dominés, est figée. Et les lecteurs, plutôt que de rêver aux délices de la vie bourgeoise, se surprendront peut-être à partager les aspirations d’un commis de bureau qui ne demande qu’une chose: que le monde lui fiche la paix.

 

Vivre près des tilleuls
Vincent König est le dépositaire des archives de l’écrivaine suisse Esther Montandon. En ouvrant par hasard une chemise classée "factures", il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un "journal de deuil", dans lequel elle a pour la première fois évoqué la mort de sa fille Louise et l’aberrante "vie d’après". Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s’y trouvent déclinés avec une incroyable justesse. Ces carnets seront publiés sous le titre Vivre près des tilleuls.
Roman sur l’impossible deuil d’une mère, porté par une écriture d’une rare sensibilité, Vivre près des tilleuls est aussi une déclaration d’amour à la littérature: ce récit d’Esther Montandon est en réalité l’œuvre d’un collectif littéraire suisse, l’AJAR. Ces dix-huit jeunes auteur-e-s savent que la fiction n’est pas le contraire du réel et que si  "je est un autre", "je" peux aussi bien être quinze, seize, dix-huit personnes.