Alain Freudiger

Né en 1977 à Lausanne, où il a étudié l'histoire du cinéma, Alain Freudiger écrit des fables, poèmes, nouvelles, chroniques et autres satires, qui paraissent sur des supports divers (revues, catalogues, ouvrages collectifs). Documentaliste à la Radio Suisse Romande, critique pour le magazine FILM (1999-2003) et rédacteur à la revue de cinéma Décadrages (depuis 2003), il publie en 2007 son premier roman, Bujard et Panchaud ou Les Faux-Consommateurs (Castagniééé). En 2008, il reçoit une Bourse littéraire de Pro Helvetia pour l’écriture de son second roman, Les Places respectives, paru en 2011, également chez Castagniééé. En parallèle et depuis 2002, il participe à diverses performances et lectures en compagnie de musiciens (Bazar de Nuit, Collectif Rue du Nord). En 2009, il fonde le trio Des Cendres avec les musiciens Benoît Moreau et Raphaël Raccuia, pour un premier projet, Le Concert phonothécaire, tourné en divers lieux de Suisse romande, suivi d’un second, Tobago, joué pour plusieurs radios depuis 2010. En 2013, il publie avec Stéphane Bovon le pamphlet Plus ou moins postmoderne, chez Hélice Hélas Editeur. En 2017, il publie Espagnes à La Baconnière.

 

Liquéfaction (Hélice Hélas)

Baptiste est dans son bain, méditatif et introspectif. Un fracas, « une détonation mugissante » et sa baignoire est emportée par le courant d’une crue. Face au fleuve qui sort de son lit, Baptiste s’engage pour une longue descente picaresque en amont pour retrouver sa femme et son fils. La pluie ne s’arrête pas et progressivement l’eau recouvre les terres. Avec un groupe de survivants, ils s’engagent dans la pleine mer sur un bateau de fortune, un sablier. Mais tentant de reconstruire la société d’avant, les mots, le langage et le désir s’étiolent. Pour ces derniers navigateurs de l’absurde, il n’y a que la perspective de l’inéluctable naufrage tant et tant de foisnarrés dans les récits mythologiques qui les précèdent. Et une expérience de la narration Liquéfaction est autant un récit de l’inondation générale, de la « société liquide », qu’une réflexion sur la narration. Alain Freudiger livre ici un récit musical et sonore, érudit, entre la farce et l’essai philosophique, éclectique sans jamais se perdre. Chaque partie correspond à une gradation, à une montée en intensité et à un flux narratif : le bain, le fleuve, la mer, le naufrage. A la suite du protagoniste, l’on s’y trempe, l’on est ballotté, l’on chevauche, l’on parcourt, l’on erre et puis l’on pâtit et l’on patiente. L’autofictif cède le pas à l’aventure, au comique et à l’érotisme, qui lui-même mène à l’apocalyptique, au tragique, si ce n’est à l’initiatique.

Dans ce troisième roman publié d’Alain Freudiger, c’est l’histoire de la littérature qui se condense et accompagne le récit et la chute. Ces citations qui suivent le texte, tirés des classiques et des méconnus, citations sur l’eau, sur la nage, ou sur la fluidité, sont autant de bouées lancées au lecteur pour ne pas sombrer.

 

(Photo © Shmuel T. Meyer)

Retrouvez l'auteur en dédicaces : Tente du Débarcadère - Place n°5

Programme de l'auteur

Vendredi

14h30-16h30 Dédicaces 
17h00-18h30 Dédicaces 

Samedi

10h00-12h00 Dédicaces 
13h30-14h30  Rencontre
14h30-17h00 Dédicaces 
18h00-20h00 Dédicaces 

Dimanche

14h00-15h30 Dédicaces 
16h30-18h00 Dédicaces