Alexis Ragougneau

Auteur de théâtre, Alexis Ragougneau a fait une entrée remarquée dans le monde littéraire grâce à la publication de deux romans policiers : La Madone de Notre-Dame (2014) et Évangile pour un gueux (2016). Il a ensuite décidé de s’affranchir des règles pour explorer plus librement la création romanesque. Après Niels, qui avait retenu l’attention des jurés du Prix Goncourt en 2017, il revient cette année avec un roman aussi ambitieux que fascinant. Son style, qui s’affirme de livre en livre, vous invite à découvrir les coulisses obscures du monde de la musique classique à travers l’histoire des Claessens, une famille de musiciens, pétrie de silences et de non-dits. Ses livres sont acclamés par les libraires et les journalistes, aussi bien en France qu’à l’étranger.

Son œuvre est disponible aux Éditions Viviane Hamy et aux Éditions Points.

 

Opus 77 (Viviane Hamy)

À la fin c’est toujours le silence qui triomphe, mais il nous reste à tous un ou deux airs en mémoire, qui perdurent, de génération en génération. Presser ces fichues touches blanches ou noires, c’est le meilleur moyen que j’aie trouvé pour ne pas m’effondrer. Il n’y a que la musique pour faire face à la mort.

Les Claessens sont une famille qui a la musique dans le sang. Le père est un chef d’orchestre réputé qui a tout sacrifié – notamment sa femme Yaël, une cantatrice originaire d’Israël – pour gravir les plus hautes marches de la hiérarchie musicale, et pour tenir enfin entre ses mains la fameuse baguette tant convoitée.

Ariane, la fille, notre narratrice, est une pianiste douée. Fruit d’un travail acharné, son doigté, plein d’intelligence et de subtilité, est reconnu dans le monde entier. Elle enchaîne les concerts et les couvertures des magazines.

Pourtant, c’est un autre membre de la famille Claessens que tous les amateurs et professionnels de la musique ont sur le bout des lèvres : celui de David, le fils, qui a osé réaliser l’inimaginable lors du prestigieux concours Reine Elisabeth, qui peut lancer la carrière de jeunes talents prometteurs. Après cet événement, la rupture avec le père sera totale, définitive et irréversible.

À la mort du père, tandis qu’on attend d’elle qu’elle joue un hymne en l’honneur de ce grand homme, Ariane décide de livrer aux lecteurs profanes une confession qui se veut authentique et objective. À travers ses souvenirs, elle tente de comprendre les raisons qui ont poussées son frère à agir ainsi. Pourquoi a-t-il gâché son immense talent et ses années d’entrainement en un fragment de seconde ? Comment expliquer qu’elle-même se soit enfermée dans le rôle de la soliste à la beauté froide et mystérieuse, qui force le respect et intrigue ?

Pour la rentrée littéraire 2019, Alexis Ragougneau a façonné un roman aussi ambitieux que fascinant. Son style, qui s’affirme de livre en livre, est imprégné d’un suspense et d’une tension comparables à ceux d’un roman noir. Dans une langue résolument moderne, tout en nuance et sobriété, il parvient à insuffler à ses personnages un souffle de vie prodigieux et à disséquer avec une précision chirurgicale les liens, multiples et parfois contradictoires, qui lient les Claessens. Grâce à cette histoire de famille et d’amour, la belle Ariane et son frère David – tous les deux en quête de pureté et d’absolu – laisseront dans votre esprit une empreinte durable une fois la lecture terminée. Alors oubliez tout et préparez-vous à découvrir les coulisses du monde de la musique comme vous ne les avez encore jamais lues, à travers l’histoire d’un clan pas comme les autres.

 

(Photo © Sebastien Leban)