Aline Kiner

Aline Kiner, née en Moselle, vit à Paris. Elle est rédactrice en chef des hors-série du magazine Sciences et Avenir. Passionnée par l’histoire, elle a coordonné de nombreux dossiers consacrés au Moyen Âge, interrogé les plus grands médiévistes: Georges Duby, Jacques Le Goff, ou encore Claude Gauvard. En 2004, elle publie La Cathédrale, livre de pierre aux Presses de la Renaissance. Aux éditions Liana Levi ont paru Le Jeu du pendu (2011) et La Vie sur le fil (2014). La Nuit des béguines est le fruit de trois ans de recherches et d’écriture.

 

La nuit des béguines

La nuit des béguines. C’est une enclave au cœur de Paris, jusqu’ici protégée par le roi. Une maison commune, une chapelle, un hôpital et plusieurs rangées d’habita- tions répartis autour d’un jardin composent le grand béguinage. Pour des centaines de femmes seules, pieuses mais laïques, cette institution offre une alternative au mariage et au cloître. Veuves ou célibataires, riches ou pauvres, elles ne sont soumises à aucune règle ni à aucune autorité, peuvent étudier, travailler, gérer leurs biens et circuler à leur guise. Ysabel a choisi de s’y retirer il y a vingt ans. Elle veille sur l’hôpital et connaît tous les secrets des plantes, soigne les corps comme les âmes. Pour Ade également, le béguinage est un refuge. À la mort de son mari, emporté dans la bataille de Courtrai, elle s’est installée là, à l’écart du monde. Mais une nouvelle venue va bouleverser la tranquillité de ce petit univers. Un matin de janvier 1310, Ysabel découvre à la porte du béguinage une jeune sauvageonne en haillons. Sous un grossier carré de toile, la petite dissimule sa chevelure. Car le roux, dit-on, est couleur maudite, couleur du Diable. Mutique, rebelle, Maheut la Rousse fuit d’horribles noces arrangées avec un seigneur du Hainaut, sa région natale. Depuis, à travers toute la cité, un inquiétant moine franciscain la traque sans relâche... Bientôt, des signes funestes se multiplient autour de la communauté. Le procès des Templiers n’en finit pas d’agiter les conversations. Et à quelques centaines de mètres du clos, place de Grève, on va brûler l’une des leurs : Marguerite Porete, béguine de Valenciennes, dont le livre hérétique est au cœur d’un pacte secret... Tressant avec maestria les temps forts du règne de Philippe le Bel et la vie quotidienne dans le Paris médiéval, mêlant les destins de personnages fictifs et réels, Aline Kiner nous emporte dans un suspense passionnant. Un « Nom de la rose» au féminin qu’on ne lâche qu’à regrets.

 

(Photo © Philippe Matsas/Leemage/Editions Liana Levi)