Alphonse Layaz

Alphonse Layaz est né à Fétigny, dans la Broye fribourgeoise en 1940. Il vit actuellement dans le Chablais. Très tôt, il mène de front plusieurs activités : journalisme, écriture, peinture. Il est l’auteur de pièces radiophoniques, de romans, de recueils de nouvelles et de poésie. En tant que peintre, Alphonse Layaz a exposé dans quelques- unes des meilleures galeries de la Romandie.

 

Naguère et les mangeurs de pommes de terre

Encore un de ces récits paysans avec ses drames et ses cocasseries, ses vieux de la vieille matois sous des airs débonnaires, ses femmes aux sensualités animales, ses mots du terroir savoureux et truculents?

Eh bien non! Car il y a Les Mangeurs de pommes de terre, et c’est ce qui change tout. Par une trouvaille de poète, l’auteur place son récit sous le signe du chef- d’œuvre de van Gogh. Un concours de circonstances, historiquement plausible, a mis dans les mains du héros de notre histoire, Naguère, neuf ans, la lithographie que van Gogh avait réalisée sur le même sujet. Les cinq personnages attablés autour d’une platée de pommes de terre fumantes, leurs gestes, leurs regards, leurs mines, la lampe à huile qui les enveloppe dans son cercle lumineux, tout cela forme un tableau où le jeune garçon croit reconnaître – tantôt l’un, tantôt l’autre – les hommes et les femmes qu’il côtoie dans sa vie de tous les jours. La gravure devient alors pour lui en quelque sorte le prisme à travers lequel il découvre, déchiffre et comprend le monde qui l’entoure.

La réalité, dès lors, n’est plus séparable de son reflet dans l’œuvre d’art. Voilà ce qui donne à ce récit à la fois son originalité, sa poésie et sa profondeur. On est bien éloigné d’une simple histoire paysanne.

 

Femme(s)

L’intitulé pourrait être La Femme, d’un singulier qui dirait toutes les énigmes du « sujet » le plus glorifié et en même temps le plus maltraité de la littérature.
L’homme est confronté à un « objet » qu’il a la prétention de déterminer de manière impérieuse mais devant lequel il reste le plus souvent hébété.

La femme cette inconnue, la femme inconstante, la femme infidèle, la femme est l’avenir de l’homme... En règle générale, une connotation misogyne, à laquelle j’espère avoir échappé, enrobe le propos.

Femme(s) est ma façon de relier l’Eve unique à ses descendantes croisées dans les livres d’histoire et dans ma vie réelle. Elles vivent sous ma plume, elles vivent du bout de mes pinceaux, elles revivent derrière l’objectif photographique de Véronique Wild, miroir de mon travail et re-création iconographique que régissent une esthétique et une sensibilité féminines que je lui envie.