Antonio Hodgers

Antonio Hodgers, né en 1976, est actuellement Conseiller national suisse et Président du groupe parlementaire des Verts. Originaire d'Argentine, réfugié en Suisse avec sa mère et sa soeur, il s'est engagé très tôt dans la vie politique et associative. Il a présidé le Parlement des jeunes de la commune de Meyrin et est notamment l'un des initiateurs des Noctambus, dont le réseau s'étend aujourd'hui sur tout le canton ainsi qu'en France voisine. Antonio a également initié puis présidé l'association "J'y vis, j'y vote" qui s'est battue avec succès à Genève pour le droit de vote des étrangers résidents au niveau communal.

A l'âge de 21 ans, il est élu au Grand Conseil et réélu en 2001 et 2005. Il préside le groupe parlementaire en 2002-2003. Antonio a été président des Verts genevois de 2006 à 2008. Depuis 2007, il est Conseiller national à Berne.Diplômé en relations internationales (IUHEI) et études du développement (IUED), il est conseiller en mobilité, associé de Mobilidée, un bureau de conseil en mobilité durable pour collectivités publiques et entreprises privées. Outre cet intérêt pour les questions de transports et de mobilité, il s'intéresse également aux dossiers migration et réforme des institutions. Fils est par aux Editions de l'Aire en 2013.

Il fait nuit, je suis glacé et le sac pèse lourd sur mon épaule gauche. Sa lanière est trop longue et, appuyé sur ma jambe, il me fait marcher en boitillant. C’est fatiguant, mais j’en retire une certaine fierté. La difficulté est une sensation de vie, après tout ! Et j’assume ainsi, en l’absence de mon père, mon rôle d’homme de le famille. De toute façon, ma mère ne pourrait pas le porter elle-même ; elle a déjà assez à faire avec ma petite sœur et ses propres bagages. Nous bifurquons dans une longue allée longée de lampadaires publics de mi-hauteur qui diffusent une lumière blanche et froide, celle des néons des années quatre-vingts. Sur la gauche, s’étale une longue barre d’immeubles. Au bout de la rue, c’est une impasse. Cependant, nous avançons encore.

L’homme inconnu qui nous accompagne nous dit que nous sommes bientôt arrivés. Arrivés où ? Ce n’est pas la première fois que l’on doit quitter notre appartement de manière soudaine, mais cette fois-ci était particulièrement précipitée. Je n’ai pas pu prendre tous mes jouets, seulement quelques peluches. Je crois même qu’on a dû changer de pays, car nous avons pris plusieurs avions et les vols ont duré des heures. Et il fait beaucoup plus froid ici. « C’est normal, c’est la Suisse » me répond en espagnol notre accompagnant. Nous sommes arrivés à Genève. C’est le 15 novembre 1981 et j’ai 6 ans.

(Photo © Aida Agic Noel)