Bernard Comment

Bernard Comment est né en 1960 à Porrentruy (Suisse). Après des études de lettres à Genève, il passe cinq ans à Florence puis s’installe à Paris à partir de 1990. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis, il est l’auteur d’une quinzaine de livres (romans, récits, essais), dont Tout passe en 2011, récompensé par le Goncourt de la nouvelle.

 

Neptune Avenue (Grasset)

Cela se passe à Neptune Avenue, au bord de l’océan, à côté de Coney Island, au bout de Brooklyn. L’atmosphère est étrange, le soleil brille derrière une drôle de lumière laiteuse, il fait très chaud, il n’y a plus d’électricité. Le monde semble s’être arrêté.
Les ascenseurs sont en panne. Tout est en panne. Dans son appartement du 21e étage, le narrateur est freiné par une mobilité de plus en plus réduite et se déplace avec peine.

Il a l’âge d’une retraite prématurée, après avoir fait fortune dans la finance – alors que sa vraie passion, sa passion de jeunesse, était la littérature. Mais à quoi bon avoir accumulé tous ces biens si on ne peut pas les transmettre ?
Peu après la mort de sa mère, en Suisse, il avait décidé de partir pour New York, à la recherche d’une improbable famille, de lointains cousins. Mais c’est surtout Bijou qu’il est venu trouver, une jeune femme assoiffée de vie. Elle est installée à Manhattan, vit de petits boulots, mais elle finit par déménager à Neptune Avenue, à côté de Little Odessa, où l’occasion se présente bientôt pour le narrateur de louer un appartement sur le même palier qu’elle.

Et c’est tout un passé qui se réveille, en particulier celui d’une jeunesse étudiante passée à Genève dans les années 1980 et de son amitié avec Bob, un grand biologiste, et Nina, jeune africaine pleine d’entrain, la mère de Bijou.
Que s’est-il passé pour que l’électricité ne revienne pas, depuis plus de dix jours, sans qu’il n’y ait pourtant eu aucune tempête, aucun éclat ? On peut imaginer une déflagration nucléaire plus ou moins lointaine. Une fin du monde. Bijou n’en perd pas son enthousiasme pour autant, elle qui croit à la décroissance et veut à tout prix préserver sa liberté. Elle ne sera pas une héritière. L’argent, la richesse ne l’intéressent pas. Finalement, la paternité (réelle ou supposée) n’ouvre aucun droit... Et tout pourrait bien partir en fumée.

 

(Photo © JF Paga)

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