Christine Montalbetti

Christine Montalbetti est née au Havre et vit à Paris. Plus rien que les vagues et le vent est son onzième livre aux éditions P.O.L. Elle a écrit Le Cas Jekyll, un monologue pour Denis Podalydès qui l’a mis en scène et joué.

Après Western et la road story de Journée américaine (et après un détour au Japon), Christine Montalbetti revient aux paysages américains. Cette fois, ce sont ceux de la côte Ouest. La petite ville de Cannon beach, au bord de l’océan. Déserte, hors saison. Un Français échoue au Waves Motel, et il n’y a bien que ça, les vagues, à s’encadrer dans la baie vitrée de sa chambre. Le spectacle de cette colère immémoriale de l’océan. Une colère qui semble avoir contaminé Colter, Shannon et Harry Dean, qu’il retrouve tous les soirs au bar de Moses.

Colter et Shannon portent en eux des histoires de fugues et d’abandon. Un père qui vous révèle qu’il n’est pas le vôtre et qui vous chasse, un fils qui fugue, une femme qui vous quitte, une autre dont on se sépare. Des histoires marquées aussi par la crise économique, les traites qu’on ne peut plus payer, un frère qui décide de s’engager dans l’armée. Et Moses aussi a son histoire, une histoire d’oncle et de volcan.

Dans la ferme où habite Harry Dean, débarque un locataire, Perry, qui sillonne la région avec les deux tomes de l’expédition de Lewis et Clark, une mission scientifique d’exploration du territoire, au tout début du xixe siècle : et les fantômes de ces hommes qui attendent sous les pluies de pouvoir gagner l’océan tout proche hantent le roman.

(Photo © H Bamberger – P.O.L.)