Claude Hagège

Né à Carthage (Tunisie), Claude Hagège a vécu dès son enfance dans un milieu propice à la découverte de nombreuses langues. Ses études ultérieures (entrée à l'École Normale Supérieure en 1955) ainsi que l'influence de grands maîtres tels que E. Benveniste, A. Martinet, L. Renou et M. Cohen devaient orienter cette vocation sur la voie de l'étude théorique et du maniement des langues les plus diverses. Il est apparu par la suite que l'étude des langues et l'enseignement de la linguistique ne pouvaient se passer d'une approche in situ, d'où une série de missions à l'étranger : Afrique sub-saharienne, Extrême-Orient, Europe occidentale, Réserves Indiennes d'Amérique du Nord, monde arabophone, Iles de Micronésie, etc., qui n'exclut pas les recherches sur les parlers régionaux. Depuis 1988 au Collège de France, il met en évidence les propriétés communes des langues et il lie les traits généraux et la recherche typologique. Dans ses travaux les plus récents, il s'est efforcé de construire un modèle théorique rendant compte de la relation entre l'homme et le langage. Cette visée anthropologique a fait l'objet de plusieurs publications. Elle est, dans la linguistique contemporaine, caractéristique de Claude Hagège aux yeux de ses collègues de nombreux pays étrangers.
Entre plusieurs autres distinctions, il est devenu Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres et a reçu la médaille d'or du CNRS en 1995.

 

Les religions, la parole et la violence

"Habité depuis l’enfance par une folle passion des langues,
qui m’a conduit à devenir un linguiste professionnel, je suis également envahi, depuis longtemps, par un questionnement : d’où vient donc le besoin qu’ont les humains de croire en un dieu ?

Pourquoi l’histoire des religions est-elle hérissée de tant de violences, alors que, suscitées par les interrogations et les angoisses humaines face à un monde encore largement inexpliqué, elles auraient dû avoir pour vocation de réunir toute l’humanité ? En effet, elles proposent quelques explications, certes différentes, mais qui ont pour point commun de rassurer.

Telles sont les considérations qui m’ont conduit à proposer ici mes réflexions sur les problèmes universels que soulève l’étude des religions."

C.H