Cristina Ferreira

Présence durant l'édition :

2021

Née en 1971, d’origine portugaise et établie en Suisse depuis 1992, Cristina Ferreira fait ses études de sociologie à l’Université de Genève où elle soutient sa thèse en 2010. Autrice de l’ouvrage Invalides psychiques, experts et litiges (Antipodes, 2015), ses publications abordent la psychiatrie comme sujet de conflits sociaux et judiciaires, de disputes intellectuelles et d’expertise légale. Professeure associée à la Haute École de santé Vaud (Hesav), elle s’entoure d’historiens pour exhumer des archives où sont conservés les traces de vies tumultueuses, celles de personnes ayant séjourné dans les hôpitaux psychiatriques en Suisse romande (XXe siècle). Dans le cadre du Programme national de recherche 76 (Assistance et coercition), elle dirige depuis 2018 une étude intitulée Expertiser la souffrance et la transgression.

 

L'Homme bus (Georg)

Chaque ville compte ses personnages dont l’allure atypique et l’irruption surprenante au coin de la rue, les singularisent d’immédiat au milieu d’une foule anonyme. Pour les citadins de Lausanne, l’Homme-bus sillonnant les rues avec ses trolley reste indéniablement dans la mémoire collective. Pour autant, son cas montre que l’accueil réservé à la folie dans la cité est marqué par une profonde ambiguïté, oscillant entre sympathie, curiosité et craintes face à un personnage réputé imprévisible. Le 10 janvier 1986, Martial Richoz est escorté par la police à l’hôpital psychiatrique de Cery où il est placé de force sous le régime de la privation de liberté à des fins d’assistance. D’un mouvement commun, presse écrite et médias audiovisuels s’emparent aussitôt de la nouvelle et alertent l’opinion publique qui ne tarde pas à s’émouvoir à son tour. Qu’est-ce qu’un événement révèle d’une société à un moment donné de son histoire ? Telle est l’interrogation que ce livre se propose d’aborder à partir d’un fait divers non étudié à ce jour. Dans cette enquête sociohistorique, la multiplicité des points de vue est privilégiée. Le récit veut montrer une véritable polyphonie. Car il ne fait guère de doute que « l’affaire » de l’Homme-bus est redevable de la mobilisation de divers acteurs attelés à créer l’événement. S’ils parviennent à occuper le devant de la scène médiatique, c’est parce que l’internement psychiatrique forcé se prête à bien des débats conflictuels.

Programme de l'auteur·trice

Dimanche

9h30-11h30 Dédicaces 
13h00-14h00  A la folie
14h00-15h30 Dédicaces 
16h00-18h00 Dédicaces