Danielle Bassez

Née à Châteauroux en 1946. Etudes à l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-aux-Roses et à la Sorbonne. A enseigné la philosophie près de Grenoble, tout en s’adonnant à l’écriture, et reçu, pour ses travaux littéraires, aide et encouragement de la part de l’Arald et du Centre national du Livre. A publié l’essentiel de son œuvre chez Cheyne éditeur, soit huit titres à ce jour, dont le dernier paru en 2013 : Aucune chanson n’est douce. Un roman, Le Chant du Klephte, chez Castells, des contes chez Nathan. Depuis 2006, cultive sans modération sa passion pour la Grèce.

Au départ du texte une image : celle d’une femme sur le pas de sa porte, raide, amenuisée par l’âge, telle qu’elle apparaît au narrateur venu lui rendre visite. Cette image entraîne à sa suite toute une histoire, qui va des « noces endeuillées » du début au « mariage funèbre » de la fin : celle des relations difficiles entre l’enfant que fut jadis le visiteur et sa belle-mère.

A un second niveau, ce récit trace également le portrait d’une famille, de parents et d’enfants piégés dans les lieux inextricables de l’amour et de la haine : un « nœud de vipères » créé, entretenu par le silence, le mensonge, les manipulations. Pourquoi ne s’aime-t-on pas ? Comment en vient-on à se haïr ? Questions en partie sans réponse. Enfin, on a ici le portrait d’une maison, de la maison d’enfance, dont les murs, les objets, la poussière, l’air même recèlent les traces de vies disparues. Maison elle aussi vouée à disparaître, dont il était urgent de sauver l’âme. Ce petit livre est un tabernacle, une arche qui contient le plus précieux, les ombres, les présences impalpables, les visages effacés.