David Bosc

Présence durant les éditions :

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David Bosc est né à Carcassonne en 1973 et a grandi dans le midi. Il vit aujourd’hui à Lausanne, en Suisse, où il est éditeur de littérature étrangère chez Noir sur Blanc. Après Sang lié et Milo (Allia), David Bosc publie, en 2013, La Claire Fontaine aux éditions Verdier. Ce roman remarqué, qui porte sur les dernières années de la vie du peintre Gustave Courbet, ancien communard alors exilé au bord du lac Léman, figure dans la sélection du Goncourt et recevra plusieurs distinctions dont le prestigieux Prix suisse de littérature. En 2016, Mourir et puis sauter sur son cheval, texte hybride autour de la figure de Sonia Araquistáin, jeune peintre espagnole, qui se suicida à Londres en 1945, est récompensé par le prix Michel- Dentan. Les quatre récits de Relever les déluges (2017) – l’injonction est de Rimbaud – sont portés par un élan de liberté et de fraternité ; les personnages y exercent le « droit à s’en aller » que revendique Baudelaire. Dans un discours prononcé à l’occasion de la remise du prix Dentan, David Bosc compare l’écriture littéraire à la célébration de soukkot, la fête des cabanes. La littérature est liée au faire, aux mains qui cousent, bricolent et rabotent la matière. Et dans chacun des livres de Bosc souffle un vent libertaire.

 

Le Pas de la Demi-Lune (Verdier)

Si on veut, c’est Marseille et on l’appelle Mahashima. Legūdo, ce sont les Goudes. Et Manosque se dit Manosaka. Les collines, en tout cas, n’ont pas beaucoup changé. À Mahashima, longtemps capitale d’un royaume sans importance, Ryoshū mesure son bonheur de vivre heureux dans une ville heureuse. Un matin, il se met tout de même en marche pour aller revoir, non loin, les paysages de son enfance. En suivant le rivage, en gravissant les collines, il se remémore la période de troubles qui a marqué sa jeunesse, puis ce caprice du pouvoir à l’origine de la plus belle saison qu’on ait connue : le déplacement de la capitale, quand Mahashima fut subitement abandonnée par les puissants. L’histoire a peut-être lieu dans le futur, mais on y voit des pans entiers de notre époque, des clans guerriers, comme dans le Japon médiéval, et une lumière qu’on avait oubliée. C’est un monde renversé sans violence, ou presque, et qui retrouve son équilibre en ayant renoncé à durer toujours.

 

(Photo © Wiktoria Bosc)