Evie Wyld

Présence durant l'édition :

2022

Née à Londres en 1980, Evie Wyld grandit entre l’Australie et l’Angleterre. Après des études de Creative Writing à Bath Spa et Goldsmiths University, elle publie un premier roman, Après le feu, un murmure doux et léger (Actes Sud, 2013), qui lui vaut de nombreuses récompenses et d’apparaître dans la sélection décennale des vingt meilleurs jeunes auteurs britanniques du magazine Granta (2013). Son deuxième roman, Tous les oiseaux du ciel (Actes Sud, 2015) reçoit le Miles Franklin Award (le “Goncourt australien”) et figure en France sur la dernière liste du prix Médicis étranger. Elle est aujourd’hui maître de conférences à l’université du Kent et co-dirige une librairie indépendante à Peckham, dans le sud de Londres. Son œuvre est traduite dans une vingtaine de langues.

 

Bass Rock (Actes Sud)

1762. Sarah, une jeune fille de quatorze ans, est capturée et violée par un groupe d’hommes l’accusant de sorcellerie. Sauvée in extremis par le pasteur du village, elle reprend peu à peu des forces. Mais quand la maison de ce dernier est incendiée, il devient évident que la petite communauté ne pourra trouver le repos tant que la jeune fille n’aura pas été chassée ou exécutée. Récemment mariée à Peter, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, Ruth quitte Londres et sa famille pour s’installer à North Berwick, petite station balnéaire du East Lothian écossais, face à l’îlot de Bass Rock. Dans la grande demeure en bord de mer où elle réside désormais, Ruth s’interroge sur la meilleure façon d’être une bonne épouse pour Peter, cet homme marqué par la guerre et la perte tragique de sa première femme, tout en cherchant à tisser des liens avec ses deux beaux-fils. Mais les voyages d’affaires de plus en plus réguliers de son mari l’intriguent, tout comme cette présence qu’elle perçoit dans la maison. Quand Ruth accepte d’accueillir la nièce de leur femme de chambre, Bernadette, dont la mère a été internée, l’équilibre précaire du foyer vacille, mettant au jour des secrets enfouis et une violence larvée. Six décennies plus tard, Vivian, une quadra londonienne cherchant un sens à sa vie, retourne dans la maison familiale où elle passait autrefois ses vacances d’hiver. Portant toujours le deuil de son père, elle est venue mettre un peu d’ordre dans l’imposante demeure récemment mise en vente où sa grand-mère Ruth, une femme froide et distante, a vécu seule après le départ de son mari au début des années 1950, lui laissant la charge de ses deux fils. Tandis qu’elle fait l’inventaire des biens de son aïeule, des fragments du passé remontent à la surface, éclairant d’un jour nouveau les personnalités de Ruth et de Bernadette, ainsi que sa propre histoire. Naviguant entre les époques, du xviiie siècle à nos jours, Evie Wyld nous raconte trois destins de femmes dont les vies ont été circonscrites par les désirs et la volonté des hommes. Elle signe une saga familiale virtuose et ensorcelante, peuplée d’esprits et de fantômes, sur la masculinité toxique et l’incommunicabilité.

 

(Photo © Urszula Soltys)