Fathi Derder

Parlementaire et journaliste, Fathi Derder livre un reportage dans la vie ordinaire du Palais fédéral. Une immersion de huit ans au cœur du pouvoir politique suisse, à Berne, traitée avec humour. Un décryptage de « la loi de la jungle qui fait les lois de la Suisse », les sujets tabous, les secrets ou les combats absurdes de parlementaires obstinés. A l’aube de la campagne pour les élections fédérales 2019, « Les Petits secrets du Palais » proposent un portrait subjectif du système politique suisse, au rythme de chroniques rédigées pour les quotidiens Le Matin, aujourd’hui disparu, et Le Temps, toujours vivant, entre 2012 et 2017. Les chroniques ont été réécrites et adaptées pour constituer ce livre.

 

Les Petits Secrets du Palais (Slatkine)

Le Palais fédéral est une jungle. Une jungle dominée par quatre espèces : les élus, les fonctionnaires, les journalistes, et les lobbyistes. Dans les couloirs du Palais, ce petit monde se fréquente intensément, se parle beaucoup, et s’écoute un peu. Ou pas. On se tutoie, on boit des verres, on s’embrasse. Et plus, si entente. Parfois même sans entente. Bref, c’est un vaudeville en vase clos, voire à huis clos : les lobbyistes conseillent des élus qui font des lois dont parlent les journalistes dans des articles que lisent les fonctionnaires. En bougonnant. Car, en général, les fonctionnaires n’aiment ni les journalistes, ni les lobbyistes, et encore moins les parlementaires : derrière son apparente obséquiosité, l’administration n’oublie jamais qu’elle seule comprend vraiment les lois, et que c’est elle qui commande, au final. Bien que les fonctionnaires ne puissent rien faire sans des élus qui existent grâce aux journalistes et aux lobbyistes. Qui, eux, se nourrissent de la jungle. Et ainsi de suite. Bref, c’est un ménage à quatre légèrement incestueux, avec ses petits secrets, ses querelles, ses coups bas... mais qui finit toujours par s’entendre. En général. Car tout n’est pas toujours si simple : parfois, des politiciens français s’en mêlent...

 

(Photo © Laurent Crottet)