Fawzia Assaad

Fawzia Assaad, née Mikhaïl, au Caire, vit à Genève. Ses romans décrivent la complexité de la société égyptienne. À travers les coutumes, les croyances, les superstitions, l'humour, la politique, elle découvre les subtiles relations qui se tissent entre musulmans et coptes chrétiens et la continuité d'une identité égyptienne qui se perpétue de l'antiquité à nos jours.

Docteur ès Lettres, elle a fait ses études à Paris, en Sorbonne, et enseigné la philosophie au Caire, à l'Université d'Aïn Shams. Elle a publié de nombreux essais Philosophiques avant de se tourner vers la fiction et la mythologie. Son premier roman, l'Égyptienne, qui date de 1975, a paru au Mercure de France, à Paris. Elle a obtenu deux fois le prix de la Société des Écrivains de Genève. Elle représente PEN International à la Commission des Droits de l'Homme pour la défense de la liberté d'expression, et fait partie des comités d'organisation et de sélection d'une Résidence d'Écrivains au Château de Lavigny, située dans le canton de Vaud, en Suisse. Egypte an II, est paru en 2013 aux éditions Chèvre-feuille étoilée.

Ce texte porte un éclairage différent de celui de la presse occidentale sur ce qui s'est passé en Égypte de janvier 2011 à juin 2013. Analyses et reportages que je considère comme biaisés, tronqués et ne reflétant ni la réalité des faits eux-mêmes, ni la profondeur politique qu'ils signifient.

On lit, on entend, on donne à voir que la culture démocratique des Égyptiens balbutie alors même que la jeunesse du pays orchestre un spectacle grandiose de démocratie. Le peuple avait porté un Président au pouvoir. Le Président s’est montré incompétent et dangereux. Ce même peuple exprime sa volonté de destituer le Président et délègue aux militaires le pouvoir de négocier sa destitution. Tel est le résumé de mon histoire. Trente-trois millions d’actes de rébellion ont été signés pour réclamer le départ du Président, trente-trois millions de rebelles ont envahi les rues, les ponts du Caire et des autres villes du pays. Même si le mot rébellion, tamarrod, est rarement prononcé.