Fred Valet

Né entre deux langues et à un crachat de Zürich il y a 35 ans, Fred Valet a forcé ses parents à déménager sur l’arc lémanique quand il n’avait que 4 ans. Un taureau à tête brûlée qui continue à n’en faire qu’à la sienne. Que ce soit en mots, en vrai ou en vidéos, il a toujours pris un malin plaisir à se lancer dans n’importe quoi et ce, n’importe quand, n’importe où et avec n’importe qui. D’ailleurs, c’est en se glissant volontairement dans la tête d’une vache, il y a dix ans pour un reportage sur une désalpe, qu’il a compris qu’il ne fonctionnait pas tout à fait comme tout le monde…

Quand il chronique un disque (dans Le Matin), c’est depuis sa baignoire. Quand il refait l’actualité en une minute et en vidéo (pour LeMatin.ch), c’est depuis un sous-sol. Quand il fonde un groupe de rock (Celyane), c’est en français qu’il chante. Quand il est invité par le magazine Femina, c’est pour évoquer son quotidien de jeune papa pas vraiment modèle. Qui sait, peut-être que dans deux ans, il récitera son arbre généalogique en suédois tout en crachant du feu.

Allergique aux étiquettes (et aux fruits de mer), Fred Valet utilise depuis toujours ce qu’il a à proximité (voilà pourquoi il s’utilise souvent lui-même) pour comprendre, exprimer, raconter, jongler avec les mots. Pour faire rire, pleurer, bondir. Récemment, il s’est essayé à la nouvelle un peu sérieuse (dans le recueil Léman Noir, BSN Press, 2012) et à la nouvelle franchement amoureuse (dans le recueil Du Cœur à l’ouvrage, L’Aire). Avant de dévoiler ses neuf mois de grossesses (oui, les siens) dans Jusqu’ici tout va bien paru en 2013 chez BSN Press.

Quand on apprend sa future paternité, on devrait en profiter pour se faire arracher cette dent qui branle depuis des mois, prendre rendez-vous avec son contrôleur fiscal et inviter sa belle-mère à dîner. Plus rien ne nous atteint. On flotte, comme un imbécile heureux qui regarde la Terre tourner sans lui. Je suis un satellite lancé à pleine vitesse au-dessus des malheurs du monde. Et des miens, pour un temps.

(Photo © Claude Dussez)