Jacques Cesa

Jacques Cesa est né en 1945 à Bulle. Très tôt, Jacques Cesa le sait: il sera peintre. Il apprend le métier chez son père, dès seize ans. Puis, il obtient un diplôme des Beaux-Arts à Lausanne. De retour en Gruyère, il enseigne de 1970 à 1972 à l’école secondaire de Bulle. Puis quatre ans au sein de l’école autogérée de Bouleyres, à Broc. Le couple et l’amour de ses enfants lui inspirent d’abord une série d’œuvres sur la naissance, la maternité. Son père et ses racines italiennes lui transmettent le goût de son pays d’origine, des opéras. Il en tire plusieurs œuvres, dont sa période lyrico-dramatique. En 1971, c’est encore son père qui le dirige vers la peinture du monde pastoral. Ligne majeure de l’œuvre de l’artiste, le travail sur la vie agricole occupe presque 10 ans de sa vie. Il se poursuit encore aujourd’hui et a été décliné au Maroc, où le Gruérien s’est rendu à plusieurs reprises dès 2002, à la découverte des bergers. Mises bout à bout, ces préoccupations ont absorbé toute la vie de celui qui fêtera bientôt ses 70 ans.

(Source : article de Jérémy Rico dans "La Liberté" du 14 mai 2015)

 

Lampedusa, aller simple

Peintre gruerien, Jacques Cesa a remonté pendant 15 semaines, à contre courant, comme un oiseau au vol inverse, la route des migrants. De la Gruyère à Lampedusa, c’est l’aventure du migrant qui a ému l’artiste. De l’homme, de la femme et de l’enfant. De celui ou celle qui fuit le mal de son pays pour la lumière d’un accueil au sein de l’Europe. Avec à la main un carnet de voyage, Jacques Cesa est allé à leur rencontre. Et il a dessiné, plein d’empathie, le trajet de leur vie. Le graffiti transpirant sur un mur, la chaussure abandonnée au pied d’une épave, la danse des enfants dans les centres de refugiés. Le peintre s’est fait révélateur du chemin sillonné par les uns et les autres. Cependant il a dessiné aussi l’autour. Comme un témoin en règle avec la vérité. Ainsi le douanier, le travailleur social, le religieux, le bénévole, le militaire, le capitaine, le taximan, le chauffeur de bus ou même le mac sont autant d’acteurs indissociables du phénomène migratoire que les migrants eux-mêmes. Face à ces nombreuses traversées du désert humain, le récit de Jacques Cesa témoigne et ses dessins font naître, sur la pierre des routes, la eur d’une vraie rencontre. Celle d’un peintre et le tableau de son époque.