Jean-Guy Soumy

Professeur de mathématiques et romancier, Jean-Guy Soumy dans son œuvre confronte les destins individuels aux pressions de sociétés trop promptes à broyer les êtres.
D’une beauté et d’une force rares, La Promesse est le seizième roman de Jean-Guy Soumy, dont toute l’œuvre romanesque est publiée chez Robert Laffont.

 

La promesse
«Une femme deviendrait un homme. Une morte, un vivant. Cela ne se peut...»
Et pourtant… Camille, jeune armateur bordelais qui a toujours vécu sous l’emprise de sa mère, se retrouve contraint par la justice d’incarner dans son procès «le corps et la voix» de sa cousine Jeanne, accusée d’«homicide contre elle-même». Nous sommes à la veille de la Révolution et le royaume intente des procès aux suicidés, coupables du pire des crimes contre Dieu et contre le roi: s’ôter la vie. Si le fait est reconnu, la sentence est terrible: la mémoire de la condamnée doit être «éteinte et supprimée à perpétuité», son cadavre traîné dans les rues, face contre terre, puis pendu, et enfin jeté avec les immondices et cadavres d’animaux, comme «indigne d’une sépulture chrétienne».
Comment Camille pourrait-il accepter que Jeanne, sa Jeanne, soit traitée ainsi ? Des années plus tôt, à l’âge du premier grand amour qui ne s’oublie jamais, il a laissé sa famille le séparer de Jeanne. Toutes ces années, comme ils se l’étaient promis, elle l’a attendu. Il n’est pas venu. Il en a épousé une autre. Jeanne a fini par se tuer, de chagrin. Comme si elle avait compris que seul cet acte, le plus tabou qui fût dans la société de l’époque, pouvait les réunir, par-delà la vie et la mort. Et révéler, enfin, Camille à lui-même, en l’obligeant à honorer la promesse de leurs quinze ans.

(photo © A. di Crollalanza)