Lydie Salvayre

Née en 1946 d’un père andalou et d’une mère catalane, réfugiés en France en 1939, Lydie Salvayre passe son enfance près de Toulouse. Après une licence de Lettres modernes à l’Université de Toulouse, elle fait ses études de médecine à la faculté de médecine de Toulouse, puis son internat en psychiatrie. Elle devient pédopsychiatre, et est médecin directeur du CMPP de Bagnolet pendant quinze ans. Lydie Salvayre est l’auteur d’une vingtaine de livres traduits dans de nombreux pays et dont certains ont fait l’objet d’adaptations théâtrales. La Déclaration (1990) obtient le Prix Hermès du premier roman, La Compagnie des spectres (1997) reçoit le prix Novembre (aujourd’hui prix Décembre), BW (2009) le prix François-Billetdoux et Pas pleurer (2014) a été récompensé par le prix Goncourt 2014.

 

Marcher jusqu’au soir (Stock)

Lydie Salvayre, répondant au principe de la collection, a passé une nuit entière, seule, au Musée Picasso où se donnait alors l’exposition Picasso-Giacometti. L’unique consigne étant de livrer un texte sur cette expérience d’enfermement. Nourrissant depuis longtemps une passion pour L’homme qui marche qu’elle n’avait vu que reproduit sur du papier glacé et qui représente pour elle l’essence même de l’art, l’écrivain s’est vite laissé tenter, certaine de ressentir un bouleversement profond face à tant de beauté. Cependant, regarder ce corps « immobile, figé, et en en même temps mouvant, comme ces vagues de la mer que le froid a gelées dans leur houle » ne déclenche chez elle qu’un léger agacement.

Serait-elle une analphabète du beau ? Ce goût-là ne se transmet-il donc que parmi les classes aisées, pour renforcer leur entre-soi ? À moins que le lieu n’enferme l’œuvre et la prive de son message profond ? Le désarroi est violent et les questions nombreuses. Les réponses viendront quelques mois après, le temps nécessaire pour que l’œuvre parvienne au cœur de l’écrivain.

Se dessine en creux, à travers les confidences de l’auteur sur ses relations au père, à sa famille d’exilés espagnols communistes, à son obsession pour l’humilité et la dénonciation chevillée au corps des injustices, un rapport à l’art exigeant et sa peur de la mort. On aura rarement lu un texte aussi fort, vigoureux et plein de vie sur cette fatalité qui est la fin.

Lydie Salvayre revient dans ce récit sur son expérience de sa nuit passée au Musée Picasso, dans le cadre de l’exposition Picasso-Giacometti. Se dessine un rapport à l’art exigeant et complexe, servi par la plume magistrale du prix Goncourt 2014.

 

(Photo © Bernard Wallet 2019)

Retrouvez l'auteure en dédicaces : Tente du Débarcadère - Place n°28

Programme de l'auteur

Samedi

11h30-13h00 Dédicaces 
14h30-16h00 Dédicaces 
16h30-17h30  Ecrire l’art, un art d’écrire
18h00-19h30 Dédicaces 

Dimanche

11h00-12h15  Apprivoiser Giacometti
12h30-13h30 Dédicaces 
14h30-16h00 Dédicaces 
16h30-18h00 Dédicaces