Marie-Pierre Rey

Ancienne élève de l’ENS, docteur en histoire,  agrégée d’histoire et licenciée de russe, Marie-Pierre  Rey est professeur d’histoire russe et soviétique et directrice du Centre de Recherches en Histoire des Slaves de l’Université Paris I Sorbonne. Elle a écrit plusieurs livres et de très nombreux articles consacrés à l’histoire russe. Parmi les plus récents on compte une  biographie du tsar Alexandre Ier  (Flammarion, 2013 et 2009) primée par l’Académie des Sciences Morales et Politiques, et publiée en anglais (NIUP, 2012) et en russe (ROSSPEN, 2013). Son ouvrage L’effroyable tragédie, une nouvelle histoire de la campagne de Russie, (Flammarion, 2012) a obtenu le prix Premier Empire 2012 de la Fondation Napoléon et vient d’être édité en tchèque. Marie-Pierre Rey a tout récemment publié 1814, Un tsar à Paris, (Flammarion, 2014). Elle est chevalier de la Légion d’Honneur.

Le 31 mars 1814, à l’issue d’une bataille féroce qui fait 15 000 morts en moins de vingt-quatre heures, le tsar Alexandre Ier entre triomphalement dans les rues de Paris. C’est l’aboutissement de la campagne de France, menée par la Russie et ses alliés de la Sixième Coalition depuis janvier 1814, et le stade ultime de l’effondrement de la France napoléonienne.

L’occupation russe durera deux mois, jusqu’au 3 juin suivant. Cette brève période, méconnue, est pourtant cruciale dans l’histoire de France. Politiquement, d’abord : la France change de mains. Napoléon abdique à Fontainebleau et part en exil sur l’île d’Elbe, tandis que Louis XVIII revient d’Angleterre et monte sur le trône. Au plan géopolitique, ensuite : le traité de Paris fixe les nouvelles frontières de la France, prélude au congrès de Vienne qui redessi-nera l’Europe en novembre 1814.

Culturellement, enfin : les cosaques, qu’on croise en bonnets de fourrure dans les allées du jardin des Tuileries, marquent les esprits et laisseront des traces durables – dont le nom même des « bistrots » parisiens.