Mathilde Vischer

Mathilde Vischer est traductrice littéraire et professeure à la Faculté de traduction et d’interprétation de Genève. Elle a traduit des poètes contemporains, parmi lesquels Fabio Pusterla, Alberto Nessi, Pierre Lepori, Elena Jurissevich, Massimo Gezzi et Felix Philipp Ingold. Dernière traduction parue: Leopoldo Lonati, La parole che so/ Les mots que je sais (en collaboration avec Pierre Lepori, d'en bas/CTL/SPS, 2014). Elle est également auteure d’un livre de poèmes, Lisières, paru chez p.isage intérieur en 2014.

Dans mon cabas il y a  l’enfant, il y a la souffrance et la joie, il y a l’innocence et la lucidité, il y a la femme, il y a la réalité insolite, bizarre, décalée, dont on ne comprend pas tout, tout de suite, il y a la réalité qui sépare et celle qui rassemble les corps, les cœurs, il y a l’homme, le rire et les larmes ; dans mon cabas, il y a la ville « les pans entiers [de la] vie », et tellement d’autres choses pour que son poids « semble celui du monde » – dans le cabas d’où s’échappe « une plainte secrète », où se jouent tous les petits drames quotidiens. Qui porte le cabas ?  Est-ce « la petite fille à la robe rouge » ou la mère ? Demandons-le aux poèmes de Mathilde Vischer qui cernent nos existences d’un œil tendre et vigilant, ou à la lune car c’est elle qui « rétablit l’ordre des choses, des pensées, la vie extraite de sa propre réalité ». Mais serons-nous jamais sûrs d’obtenir la réponse ?