Michèle Lesbre

Michèle Lesbre est née avec la Deuxième Guerre mondiale. Après un bref passage à l’université (propédeutique lettres et histoire), elle a eu deux enfants, fait du théâtre dans des troupes régionales, milité à l’extrême gauche tout en étant institutrice puis directrice d’école maternelle. Elle vit à Paris depuis plus de trente ans.

Elle a commencé à écrire voici une vingtaine d’années. Ses premiers livres – La Belle Inutile (Le Rocher, 1991), Un homme assis (Manya, 1993 ; Librio, 2000), Une simple chute (Actes Sud, Babel noir, 1997), Que la nuit demeure (Actes Sud, Babel noir, 1999) –   ont été publiés dans des collections de romans noirs. En 2001, elle est passée à la littérature générale avec Nina par hasard (Le Seuil) en même temps que paraissait un texte biographique, Victor Dojlida, une vie dans l’ombre (Noésis).

Depuis 2003, elle publie ses livres chez Sabine Wespieser éditeur : Boléro en janvier 2003, Un certain Felloni en mai 2004, La Petite Trotteuse en septembre 2005, Le Canapé rouge en septembre 2007 (finaliste du prix Goncourt et traduit dans huit langues) et Sur le sable (mai 2009). En avril 2011, Sabine Wespieser publie Un lac immense et blanc. En février 2013 paraît le nouveau roman de Michèle Lesbre Écoute la pluie.

« Puis le ronflement sourd de la rame qui s’approchait à grande vitesse a provoqué un frémissement parmi les rares voyageurs. Le vieil homme s’est avancé vers moi avec toujours ce sourire limpide, j’ai cru qu’il allait me demander quelque chose, mais il a sauté sur les rails comme un enfant qui enjambe un buisson, avec la même légèreté. »

Avant que le vieil homme ne se jette sur la voie en lui adressant son dernier sourire, la narratrice partait rejoindre l’homme qu’elle aime à l’hôtel des Embruns. Le choc a fait tout basculer. Plutôt que d’aller à la gare, elle s’enfonce dans les rues de Paris pour une longue errance nocturne sous l’orage. Revenue chez elle au petit matin, toujours incapable d’expliquer à son amant pourquoi elle n’était pas au rendez-vous, elle murmure à son intention le récit de sa nuit blanche, espérant qu’il sera capable de comprendre l’énigmatique message qu’elle finit par lui laisser : « Écoute la pluie ».

(Photo © Philippe Matsas – Opale – Sabine Wespieser editeur)