Muriel Barbery

Présence durant l'édition :

2022

Muriel Barbery est née en 1969 à Casablanca (Maroc). Elle est normalienne et agrégée de philosophie. Lauréate d’une résidence au Japon à la Villa Kujoyama, elle part vivre deux ans à Kyoto en 2008 et 2009. Après une escale à Amsterdam, Muriel Barbery vit aujourd’hui en Touraine. Elle est l’auteure de six romans dont Une rose seule, publié aux éditions Actes Sud en 2019 et en Babel en 2022.

 

Une heure de ferveur (Actes Sud)

Tout jeune, le personnage principal de ce livre est attiré par la pureté des formes, l’harmonie des courbes, l’arrondi des pierres ou le bruissement des arbres. Très naturellement il devient marchand d’art à Kyōto, et s’impose comme l’un des meilleurs. Mais une inconnue le bouleverse, et modifie en lui le sens même des choses. En choisissant le Japon, Muriel Barbery explore l’élégance extrême, la capacité d’un être libre à se métamorphoser, à méditer jusqu’à trouver la force du don. Depuis son premier roman l’écrivaine se confronte aux nuances de l’altérité. Aucun endroit, aucun paysage, aucun personnage ne pouvait lui offrir un tel territoire d’imaginaires et de sensibilités. “Une heure de ferveur est né du désir de revenir sur les traces de l’héroïne d’Une rose seule en passant par l’autre côté : celui du père. Je rêvais d’un récit en miroir où Rose, à son tour, deviendrait l’absente. De quelle façon, à l’autre bout du monde, Haru Ueno était-il devenu le père d’une enfant qu’il lui serait interdit de voir ? Comment avait-il vécu à Kyōto, autre personnage central des deux textes et seul territoire qui, par-delà la mort, les réunirait un jour ? Lorsque le roman s’ouvre, Haru, au soir de sa vie, se remémore les fils qui l’ont tissée : les rencontres, l’art, les femmes, les affaires – et sa fille lointaine. Pour la première fois, j’avais le désir d’ancrer la narration dans la durée, dans les quatre décennies durant lesquelles, par la paternité, ce marchand d’art prospère, séducteur et noceur fait face à une autre part de lui-même. Alors, je l’ai découvert solitaire et mélancolique mais fort, aussi, de son amour pour Rose, de sa soif de beauté et de son goût de l’amitié. Autour de lui, Keisuke, Sayoko, Beth et Paul, épaulés de nouveaux personnages kyōtoïtes, composent une communauté soudée. Tous, comme Haru, sont en quête d’une forme de grâce et seront confrontés à des tragédies intimes. Pour saisir ce rythme long de la vie qui passe et use, j’ai voulu un texte prolixe en événements et personnages mais porté par une écriture et une structure épurées qui donnent à ressentir l’implacabilité de la marche du temps. Enfin, j’ai pris le pas de la lenteur et de la contemplation pour avoir une chance de capter ce qui, à la fin, reste en nous de ferveur.”

 

(Photo © Boyan Topaloff)