Nicolas Bokov

Né à Moscou en 1945, Nicolas Bokov est forcé de s’exiler en France en 1975 à cause de ses activités clandestines antisoviétiques. Il est l’auteur de Nikto (publié par Maurice Nadeau en 1971). Dans la rue, à Paris (Noir sur Blanc, 1998), préfacé par l’abbé Pierre, fait le récit de son expérience de SDF en France. Il a publié aux Éditions Noir sur Blanc : Déjeuner au bord de la Baltique (1999) ; La Conversion (2003) ; La Zone de réponse (2003) ; Or d’automne et pointe d’argent. Conversations avec Victor Koulbak (2005) et Opération betterave (2010, mention spéciale du prix Russophonie).

 

La Tête de Lénine

La Tête de Lénine est un livre marquant dans l’histoire de la littérature : cette satire féroce paraît pour la première fois à Paris en 1972, de manière anonyme. Son auteur vit alors en URSS, où il est très actif dans le samizdat. Dénoncé pour avoir fait passer un grand nombre de textes hors du pays, il doit se réfugier en France en 1975. La Tête de Lénine continue à circuler sous le manteau et connaît un grand succès ; réédité chez Laffont en 1982, l’ouvrage participe sans conteste à la déstabilisation de l’Empire soviétique.
Dans sa préface à l’édition de 1982, Alexandre Zinoviev écrit : « Ce petit livre est paru à Moscou en samizdat il y a quelques années et il a produit immédiatement une forte impression dans le milieu des lecteurs de la littérature proscrite. Je sais qu’il y circule toujours avec le même succès. Et cela ne m’étonne pas. Je suis en effet convaincu que tout propos sérieux et objectif sur la littérature russe des années 1960 et 1970 ne peut plus, désormais, ignorer La Tête de Lénine. »
Dans ce bref roman, un jeune pickpocket moscovite, las de dérober des portefeuilles, décide un jour de voler la tête de Lénine dans le mausolée de la place Rouge. Il y réussit – ce qui n’étonnera personne. Ce qui est étonnant, et encore plus subversif, ce sont les rebondissements qui s’ensuivent... Chez Nicolas Bokov, les statues sont renversées, les masques des puissants arrachés et les institutions ébranlées.

 

 

(Photo © BR)