Patrick Deville

Grand voyageur et esprit cosmopolite, Patrick Devilleest né en 1957. Il a publié une dizaine de romans, traduits dans de nombreuses langues. Il reçoit le Prix Femina pour Peste & Choléra, en 2012.

 

Amazonia (Seuil)

Patrick Deville reprend la route, ou plutôt le fleuve, pour nous offrir un somptueux carnaval littéraire dont le principe est une remontée de l’Amazone et la traversée du sous-continent latino-américain, partant de Belém sur l’Atlantique pour aboutir à Santa Elena sur le Pacifique, en ayant franchi la cordillère des Andes. On découvre Santarem, le Rio Negro, Manaus, Iquitos, Guayaquil, on finit même aux Galápagos, plausible havre de paix dans un monde devenu à nouveau fou, et qui pousse les feux de son extinction.

Si le roman s’étend principalement de 1860 à nos jours, il remonte aussi jusqu’aux premières intrusions européennes, dans la quête d’or et de richesses, selon une géographie encore vierge, pleine de légendes et de surprises. Plus tard, les explorateurs établiront des cartes, mettront un peu d’ordre dans le labyrinthe de fleuves et affluents. Des industriels viendront exploiter le caoutchouc, faisant fortune et faillite, le monde va vite. Dans ce paysage luxuriant qui porte à la démesure, certains se forgent un destin : Aguirre, Fitzgerald devenu Fitzcarrald, Darwin, Humboldt, Bolivar.

Ce voyage entrepris par un père avec son fils de vingt-neuf ans dans l’histoire et le territoire de l’Amazonie est aussi l’occasion d’éprouver le dérèglement du climat, encore accéléré par l’arrivée du brésilien Bolsonaro au pouvoir. On croise beaucoup de figures illustres dans Amazonia, des aventuriers, des explorateurs, des pionniers, des capitaines d’entreprise, Blaise Cendrars, Henri Michaux, Lévi-Strauss bien sûr. On se délecte d’anecdotes et d’histoires, de mythes et de fantômes.

 

(Photo © Astrid di Crollalanza)