Petros Markaris

Petros Markaris, né en 1937 à Istanbul d’une mère grecque et d’un père arménien, vit à Athènes. Il est auteur dramatique, a été scénariste pour Theo Angelopoulos, et traducteur (de Brecht et de Goethe). Ses enquêtes du commissaire Charitos, largement traduites, connaissent un grand succès en Grèce, en Allemagne, en Italie et en Espagne.

 

Pain, éducation, liberté
Troisième volet de la trilogie de la crise grecque. Après les banquiers (Liquidations à la grecque), les fraudeurs fiscaux (Le justicier d’Athènes), c’est au tour des pourris de la «génération de Polytechnique» d’être éliminés.
Athènes, janvier 2014. La Grèce, engluée dans sa crise économique, quitte l’euro et revient à sa monnaie nationale, la drachme, décision, qui n’arrangera pas la situation. La survie quotidienne est de plus en plus difficile pour tous les citoyens, fonctionnaires ou pas – suppressions d’emplois, salaires et retraites non versés –, et pour les immigrés, victimes en sus des extrémistes de droite.
Le commissaire Charitos est confronté à trois crimes successifs. Les victimes sont tous des hommes de la « génération de Polytechnique » ― celle qui, idéaliste, a occupé l’école Polytechnique en 1973, a résisté à la dictature des colonels, avant de régner sur le pays et de se remplir les poches une fois la junte renversée, à partir de 1981 surtout, quand les socialistes ont pris le pouvoir. Trois victimes donc – un entrepreneur de travaux publics, dont la société s’est enrichie à l’occasion des Jeux olympiques de 2004, un professeur de droit réputé, un dirigeant syndicaliste puissant. Sur le corps de chacun d’eux, un enregistrement audio qui reprend le célèbre slogan et indicatif radio des insurgés de l’époque, « Pain, éducation, liberté », et commenté ainsi au fil des crimes : « Le pain, nous ne l’avons pas », « L’éducation, nous ne l’avons pas », « La liberté, pour nous, c’est l’exil ».
Si le tableau semble sombre, l’espoir est là avec une poignée d’individus courageux, toutes générations confondues, mobilisés sur tous les fronts pour aider les plus démunis.

(photo © B.Cannarsa-Opale)