Philippe Testa

Né en 1966 à Sion, Philippe Testa poursuit depuis une quinzaine d’années, en parallèle à son activité d’enseignant, un travail d’écriture dont l’axe central est l’exploration des désenchantements contemporains et des  malaises civilisationnels. Il est notamment le lauréat de l’édition 2010-2011 du Prix du Roman des romands pour l’ouvrage Sonny paru aux éditions Navarino. En 2014, il publie le Crépuscule des hommes aux éditions l’Âge d’Homme. En 2018, il rejoint la rhizosphère de Hélice Hélas Editeur avec la publication de Mâle occidental. Avec l’Obscur, Philippe Testa s’écarte des thèmes contemporains pour mieux les transposer et les accentuer dans une anticipation dystopique.

 

L'Obscur (Hélice Hélas Editeur)

Dans un avenir proche, les anglicismes et les germanismes se sont accolés au français vernaculaire. Des notions du siècle passé, comme les termes de « marxisme », de « syndicalisme » ou de « théorie critique », sont devenues désuètes. Le plein-emploi est un rêve révolu ; le co-worker peu qualifié, une ressource quasi inépuisable et licenciable sans filet. Dans ce contexte de plus en plus crispé, c’est par bribes — sur les socials ou le Global Screen — que des informations filtrent sur les émeutes se succédant aux différents coins du monde. Partout en Europe, et plus précisément à Lausanne, des black-out de plus en plus fréquents inquiètent la population et les entreprises. Privés pendant quelques heures de la lumière et des commodités technologiques, les humains laissent exprimer le spectre de la colère. L’obscurité gagne ainsi du terrain et se propage une  fois les derniers fusibles de l’ordre social ayant sauté. Le cauchemar que représente un capitalisme cannibale prépare-t-il les humains à vivre dans un monde ouvertement désorganisé ?