Thierry Luterbacher

Né en 1950 à Péry-Reuchenette, Thierry Luterbacher vit à Bienne, dans la partie francophone du canton de Berne. Dernier dimanche de mars est paru chez Bernard Campiche en 2014.

Au coin d’une rue, des badauds écoutent un concert. Auguste croise le regard d’une passante, une cicatrice poignante déchire le sourcil de son œil mousse et reprend son sillon sur la joue gauche, une fêlure qui raconte un roman. Une noce secrète. La police disperse la foule. Ils se perdent de vue.

Auguste retrouve l’inconnue derrière la fenêtre d’un train en partance, le train de 19 heures 11. Nous sommes le dernier dimanche de mars, jour où l’heure d’été a remplacé l’heure d’hiver. L’inconnue a avancé sa montre d’une heure, pas Auguste. Tous les soirs, il prend le train de 18 heures 11 pour revoir celle qu’il a appelé Lune. La lune qui porte sa cicatrice.

(Photo © Ph. Pache)