Vincent Karche

Vincent Karche était forestier avant de découvrir son talent : une magnifique voix de ténor. Son don le propulse au sommet, mais il s’épuise et perd sa voix. Il tombe dans une profonde détresse affective et matérielle avant de ressaisir et partir pour l’Amérique.

Confiant, il revient en France et reprend le chant sous une autre forme. A 40 ans et quelques années, il a retrouvé à la fois sa voie et sa voix.

Un loup dans la gorge
« Je suis comme tout le monde, vie faite de gloires et de déboires. En tant que ténor d’opéra, j’ai oscillé entre l’ivresse des applaudissements et la solitude des chambres d’hôtels du bout du monde. J’ai eu beaucoup d’argent mais aussi beaucoup de stress. Et pendant ce temps-là, rien d’affectif qui s’est construit. Un désert qui a commencé dans mon adolescence lorraine et qui se perpétue jusque là. Arrive le jour où tout se dérobe. J’assiste impuissant à la disparition de tout ce qui compte pour moi: d’abord mon père et ma mère sous le joug du cancer, puis ma voix lors d’une ultime soirée d’ Orphée aux Enfers. Sans parler d'un énième amour mort né.
Abîmes noirs et glacés. Mes amis d’hier ont disparu, tout comme les soirées arrosées au Dom Pérignon et les compliments trop faciles. Mon seul ami ? Le conseiller des minimas sociaux. Le goût de la vie ? L'amertume. J’ai mal à l'âme. À quarante ans, c’est le moment du choix. Mourir ou guérir. Au milieu de mon minuscule studio parisien, jonché de conserves vides des restos du coeur, une petite voix toute aiguë surgit du néant. Celle d’un tout petit garçon. Qu’est-ce que je fais ? Je l’écoute ? Je suis ses conseils ?
Commence alors un formidable parcours initiatique au beau milieu de la nation Wendat-Huronne, peuplé d’apprentissages, d’épreuves et de rituels convergeant tous vers un seul but : lâcher. »