Yves Citton

Yves Citton, 58 ans, est professeur de littérature et média à l’université Paris 8. Il est actuellement directeur exécutif de l’EUR ArTeC (Arts, Technologies, numérique, médiations humaines et Création) et co-dirige la revue Multitudes. Il a publié récemment Contre-courants politiques (Fayard, 2018), Médiarchie (Seuil, 2017), Pour une écologie de l’attention (Seuil, 2014).

 

Générations collapsonautes (Seuil)

Voici un livre revigorant, un précis d’intelligence pour affronter lucidement le délitement du monde. Yves Citton et Jacopo Rasmi se confrontent, en théoriciens, à la catastrophe climatique et à son paradoxe déconcertant : plus on en sait sur sa réalité, moins on semble capable d’y remédier. Que faire quand ce qui nous hante nous rend impuissant ?
Changer de regard, répondent-ils, opérer une mutation de perspectives. Non pas affirmer, comme certains, que le monde ne court pas à sa perte, mais la penser autrement : que perd-t-on exactement ? Notre avenir est-il irrémédiablement tragique ? Croyons-nous vraiment que la fin est prochaine, et que veut dire alors « croire » ?
L’essai ouvre ainsi, pour la première fois, un véritable dialogue avec les « collapsologues ». Car pour Yves Citton et Jacopo Rasmi, la fin du monde n’est pas devant nous : le monde est d’ores et déjà en train de se déliter. Quittant une certaine vision linéaire qui repousse la catastrophe à demain, ils nous engagent à multiplier les points de vue, à puiser, notamment chez les artistes, dans la littérature ou dans les philosophies non occidentales, d’autres perspectives pour ne pas faire naufrage.
Là est la leçon du collapsonaute, qui n’est pas un théoricien de la catastrophe mais son praticien : au lieu de se laisser paralyser par la peur, il faut apprendre à vivre avec les délitements en cours et se doter d’outils conceptuels qui aideront à rendre l’après-effondrement moins autodestructeur.

 

(Photo © A di Crollalanza)