Zsuzsanna Gahse

Zsuzsanna Gahse est une écrivaine de langue allemande, née à Budapest en 1946. Depuis 1956, stations à Vienne, Stuttgart et Lucerne ; elle vit aujourd’hui à Müllheim (Suisse). Son travail littéraire se situe depuis toujours entre la prose et la poésie et tout autant entre une écriture scénique et une écriture narrative. Une trentaine de livres ont paru dont les plus récents sont Cubes danubiens,Südsudelbuch, Die Erbschaft, JAN, JANKA, SARA und ichet Siebenundsiebzig Geschwister, tous aux éditions Korrespondenzen à Vienne, ou paraît cet automne Schon bald. L’œuvre de Zsuzsanna Gahse a été distingué par de nombreux prix : dès ses débuts par le Prix Aspekte et cette année par le Grand Prix suisse de littérature.  Pour ses traductions du hongrois, elle a reçu le Prix Johann-Heinrich-Voß de la Deutsche Akademie de Darmstadt. L’unique autre livre de Zsuzsanna Gahse traduit en français à ce jour (par Patricia Zurcher), Logbuch. Livre de bord, est paru en 2007 aux Éditions d’En Bas (Lausanne). Une bibliographie complète est disponible dans le riche dossier que la revue Viceversa  littératurea consacré à Zsuzsanna Gahse en 2019 (n° 13).

 

Cubes danubiens (Hippocampe), traduit par Marion Graf

Plus que les villes historiques, c’est l’eau elle-même qui importe à l’auteur de Cubes danubiens: le fleuve en mouvement, sa géologie, ses poissons, ses péniches, le bruissement de ses langues. Des personnages, des bribes de récits surgissent et disparaissent. Jaillit une forme d’espièglerie, comme un contrepoint au sérieux enfoui dans un poème qui donne une présence aiguë au changement : tout se perd, évolue, se renouvelle et s’apparente.

Comme le fleuve, le texte est à la fois libre et canalisé. Il invente une forme cubique stricte, absolument neuve : 27 séquences de dix strophes qui comptent chacune dix vers de dix syllabes. Le vers syllabique est en porte-à-faux avec la métrique allemande, basée sur le vers tonique. Pour donner à sentir en français ce choix décalé, le décasyllabe s’impose bien sûr, mais libre de la musique trop régulière de sa cadence classique. Ruissellement des phrases, parenthèses et turbulences inscrivent dans les strophes une mobilité musicale à laquelle la traduction répond en jouant parfois sur la fluidité du e muet. Aux citations furtives qui miroitent de loin en loin répliquent des échos plus familiers aux oreilles françaises. Le titre allemand, Donauwürfel, joue sur une polysémie que le titre français ne peut restituer : Würfelrenvoie aux cubes, mais aussi aux dés, ceux que l’on jette, ceux qui roulent au hasard : voici le jeu de dés danubiens.

 

(Photo © Maurice Haas)

Retrouvez l'auteure en dédicaces : Tente du Débarcadère - Place n°38

Programme de l'auteur

Samedi

11h00-12h30  La Revue de Belles-Lettres et Viceversa Littérature présentent…
12h30-13h30 Dédicaces 
15h00-17h00 Dédicaces 
18h00-20h00 Dédicaces 

Dimanche

10h00-12h00 Dédicaces 
13h30-14h30 Dédicaces 
15h00-16h15  Moments de poésie
16h30-18h00 Dédicaces